
Objectif :
Nous avons voulu étudier l’effet des normalisations ostéopathiques sur le rachis sous-occipital après un traumatisme ancien en fléau cervical (ou whiplash). Le choix de cette région de la colonne cervicale est venu du fait que l’étude de la littérature concernant le traitement du whiplash se focalise sur les conséquences ostéo-articulaires à cours terme situées sur le rachis cervical inférieur mais délaisse le complexe de l’OAA qui nous semble être responsable de la chronicisation des symptômes.
Méthode :
Nous avons travaillé avec des patients souffrants de douleurs chroniques cervicales réfractaires à tous traitements kinésithérapiques. L’ensemble des cas étudiés ne présentait après le traumatisme aucune lésion organique décelable. Nous les avons traités un à trois ans après le traumatisme initial.
Pour ce travail, 20 cas cliniques ont été retenus dans le groupe témoin, contre 20 cas dans le groupe d’étude. Pour le groupe témoin, une simple mobilisation globale du rachis cervical dans son ensemble a été effectuée, cela pouvant être assimilé à un traitement « placebo» du rachis cervical. Le groupe d’étude a été traité par normalisations ostéopathiques selon les dysfonctions retrouvées au niveau sous-occipital. L’occiput, l’atlas et l’axis sont les seuls niveaux concernés par cette étude. Nous avons choisi d’orienter notre analyse sur le gain de mobilité du rachis cervical dans son ensemble (par mesure centimétrique au mètre ruban), ainsi que sur l’amélioration du ressenti de chaque patient grâce à l’Echelle Visuelle Analogique ; ces critères sont objectivement les plus parlant et les plus significatifs pour cette étude.
Résultats : Nous avons retrouvé dans le groupe témoin une absence totale d’amélioration tant au niveau amplitude que de la douleur ressentie par patient. Cela paraissait prévisible étant donné le caractère placebo du traitement prodigué à ces patients.
Pour le groupe d’étude, nous avons été confronté à des patients ayant tous au minimum 2 dysfonctions ostéopathiques (au maximum trois, une par pièce osseuse). Leurs normalisations ont engendré dans 100% des cas une augmentation d’amplitude pour au moins un des paramètres de mobilité (en flexion et/ou en extension et/ou en rotation et/ou en inclinaison). De même, tous les patients souffrant de cervicalgies ont eu en moyenne une amélioration de 2,95 unités d’EVA (20 cas de cervicalgies) ; ceux souffrant de céphalées ont eu en moyenne une amélioration de 2,25 unités d’EVA (13 cas avaient des céphalées), ce qui correspond a une amélioration notable et significative. Quant à l’amélioration globale, elle est positive dans 100% des cas (amélioration de 2,55 unités pour les 20 cas).
L’analyse statistique montre pour l’occiput que cette seule pièce osseuse est systématiquement impliquée chez les patients ayant une chronicité dans la douleur après un traumatisme en whiplash.
Conclusion : Le rôle adaptatif que joue le rachis sous-occipital est primordial dans la dynamique et dans la statique du rachis cervical dans son ensemble. Ainsi ce travail montre l’utilité du traitement ostéopathique qui rend toute sa mobilité au rachis cervical sous-occipital en dysfonction, souvent délaissé par les traitements allopathiques, après un whiplash consécutif à un accident de la route.
Mais considérer que seul l’OAA serait impliqué dans cette symptomatologie serait une grossière erreur. Le rachis cervical sous-occipital forme une entité particulière, dominant l’ensemble du rachis ; son étude ainsi que sa normalisation ne doit en aucun cas exclure la thérapeutique globale pluri-discplinaire mise en place habituellement pour les whiplash anciens, par les kinésithérapeutes et les médecins.
Ce travail permet donc d’apporter un nouvel angle d’attaque thérapeutique qui s’inclue naturellement dans le traitement des whiplash anciens en imposant à l’acte diagnostique l’investigation fonctionnelle de l’OAA. Et ce, tant dans l’amélioration des troubles fonctionnels que dans la prévention de certaines dégénérescences organiques prématurées pour ces patients.